8.5/10

RiME - Test PC

Fin mai est sorti en toute discrétion l'étonnant RiME. Développé par un studio espagnol, il nous emmène dans un voyage onirique époustouflant.

Rien qu'à admirer sa jaquette, RiME faisait envie avant même de s'y mettre. Et dès les premières minutes, cela se confirme et on est immédiatement envoûté : un enfant d'environ 11-12 ans, seul, déposé par la mer sur une île déserte, parsemée de ruines blanches, au milieu d'une nature chatoyante. Toutes les 20 minutes environ, la nuit y tombe. Un splendide ciel étoilé, comme on n'en voit qu'en dehors de nos villes polluées de lumière, nous interpelle tant et si bien qu'on arrête tout rien que pour l'admirer. 


Des panoramas sublimes.

Que faire ? On n'en sait rien à vrai dire, on ne nous dit rien, on nous met dans la peau de ce jeune adolescent perdu. Alors on explore, on grimpe, on actionne de temps à autre, on réfléchit à la vue d'objets lumineux qui n'ont a priori rien à faire sur cette île. On franchit des portes, on progresse. Nous voici ainsi dans un jeu à la croisée d'un jeu d'énigmes façon Myst (mais en bien moins difficile) et d'un jeu d'exploration avec une dose de "parkour". L'association de ces genres donne un niveau de difficulté assez respectable. On doit souvent s'y reprendre à plusieurs fois pour comprendre d'abord quoi faire, puis comment le faire. Ne serait-ce par exemple, lorsque que l'on doit récupérer le talisman d'une mouette sur un groupe de colonnes élevées : j'ai dû faire facilement 3-4 fois le tour du lieu pour comprendre par où passer. Mais que les choses soient claires : on n'est pas là dans un véritable jeu d'énigmes, celles-ci y restent secondaires, pas tellement variées et n'y sont présentes que pour seconder la partie exploration, qui apparaît à l'évidence l'essence du jeu. Une partie de l'aventure consiste d'ailleurs à collecter, de manière optionnelle, divers tenues, jouets, emblèmes, berceuses ou images cachées dans des trous de serrure. Les collecter reste cependant assez important pour bien comprendre l'histoire. Notez au passage que si une sorte de guide est présent dans RiME, il n'y a aucun dirigisme, ce qui permet d'aller où l'on veut quand on veut et de ne reprendre le fil conducteur que quand on le décide. J'ai d'ailleurs bien failli me perdre une ou deux fois à cause de ça tant certains lieux sont gigantesques. De ce point de vue, la dimension exploration est donc véraitablement bien conçue.


Les nuits sont encore plus belles.

Déroulée sur quatre mondes, l'aventure nous prend ainsi aux tripes dès le premier univers, dès cette île. Il faut bien l'admettre, vu que l'exploration est la dimension essentielle de RiME, les splendides graphismes, qui sont le pendant nécessaire d'un bon jeu explo, y sont pour beaucoup. Le soin mis en permanence sur ses larges panoramas (mer, grands édifices, nature chatoyante) lesquels sont constellés de détails, nous envoûte. La magnifique bande-son, tantôt discrète, tantôt grandiloquente dans les moments importants, sur une base orchestrale et de beaucoup d'instruments à cordes, complètent idéalement les magnifiques planches graphiques. 

Mais les développeurs n'en restent pas là et sont suffisamment intelligents pour apporter d'importantes variantes dans les mondes suivants, tant au niveau de l'expérience de jeu elle-même que sur les couleurs et le genre d'univers. Le deuxième monde (Colère) apporte par exemple une dose d'action qui était totalement inexistante dans le premier, via un oiseau géant qui nous poursuit sans arrêt. Y apparaît également une tout aussi magnifique dimension aquatique dans l'exploration. Virage à 180° dans le troisième monde : univers forestier et végétal, avec une dose mécanique plus accentuée et une atmosphère plus sombre. Enfin, on conclut, toujours vers plus de tristesse, sous la pluie, au sein d'une colossale bâtisse froide et glauque où la nature n'a plus la moindre place. 


Exploration avant tout, énigmes secondaires, une dose de parkour.

Au niveau technique, la prise en main est en prime très fluide, puisqu'il s'agit essentiellement d'avancer ; la caméra suit parfaitement nos mouvements et permet d'accéder à des angles de vue parfois très éloignés (auxquels on ne pensait pas forcément avoir accès vu notre emplacement), ce qui aide parfois beaucoup pour l'exploration ; de temps à autre, une caméra automatique figée prend le relais : si cela surprend au début, on comprend bien vite qu'il s'agit d'un petit coup de main pour nous dire quoi faire ; les temps de chargements sont infimes (à l'exception du lancement du jeu au départ). En revanche, il n'y a qu'une unité de sauvegarde sur PC, donc, on ne peut jouer qu'à un à la fois. Dommage pour ceux qui sont en famille-couple-colocation.

Côté durée de vie, on frôle les 15H ce qui est tout à fait honorable, mais reste un peu juste. Le prix proposé du jeu (35 €), reste donc acceptable pour cette belle aventure, d'autant qu'il y a une certaine rejouablilité pour qui veut collecter tous les objets, ce qui a, je crois, une incidence sur la fin.

Quant à l'histoire, là, il va falloir se creuser un peu plus la tête, presque trop. Le jeu distille progressivement des clés de compréhension, comme dans un poème, et il faut recoller les morceaux de puzzle comme l'on peut. La fin est sur ce point presque déroutante. Affronter la réalité en face comme le dit le dernier succès s'avère un peu rude. Fort heureusement, la rudesse de la conclusion est apaisée par l'onirisme par lequel elle est transmise. D'un coup, l'on comprend ainsi à quoi cela servait de collecter les différents jouets et pourquoi ils étaient appelés "jouets" dans le jeu, ce qui n'avait aucun sens au départ. L'intensité émotionnelle en sera aseptisée, mais c'est aussi bien vu la tragédie que l'on découvre. L'Art n'est-il pas aussi une forme de thérapie à nos douleurs psychologiques ?


Univers, y compris aquatiques, variés.

Addendum 16 juillet 2017 : curiosité et perfectionnisme obligent, après vérification, sachez qu'il y a une fin légèrement différente si vous prenez la peine de trouver les 4 silhouettes blanches qui sont cachées dans le jeu. Pas de panique, pas besoin de tout recommencer (encore que, ce ne serait pas désagréable), une fois que vous avez fini RiME une première fois, vous pouvez reprendre depuis le menu à partir du niveau que vous souhaitez. Amusez-vous bien, ce petit supplément est sympathique.

En revanche, rien de plus si vous collectez tous les jouets, si ce n'est que vous obtenez un succès steam.

A propos de l'auteur

2 commentaires

  • Akashinai

    05/07/2017 à 08h10

    Répondre

    Très intéréssé apr celui là...je l'attend sur Switch

  • Islara

    05/07/2017 à 11h54

    Répondre

    Tiens, Akashinai, ça fait plaisir de te revoir.
    Tu as bien raison d'attendre, il devrait être encore plus magnifique sur Switch.

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