7.5/10

Famicom Detective Club : The Missing Heir & The Girl Who Stands Behind

Pour une surprise, c'est une surprise : Nintendo a réédité sur Switch un visual novel, Famicom Detective Club, initialement sorti en 1988. Oui en 1988, il y a donc plus de 30 ans ! On n'est pas loin d'un record mais c'est surtout un vrai défi. ATTENTION : jeu en Japonais, sous-titré en Anglais uniquement.

Un vrai défi car un jeu aussi ancien pouvait-il encore captiver un public habitué à une grande modernité ? Un jeu aussi ancien pouvait-il encore être remanié au niveau graphique et sonore ? Vous me direz, dans le cas d'un visual novel, c'est quand même un peu plus facile.

Pour rappel, les visual novels, ou romans graphiques, encore appelés romans numériques, sont un genre venus du Japon où ils sont extrêmement populaires, exportés peu à peu aux Etats-Unis, puis en Europe. Il s'agit de jeux vidéos constitués essentiellement de dialogues, sur images fixes, avec très peu de séquences vidéos, et basés sur un scénario captivant particulièrement détaillé et développé. Les thèmes varient entre science-fiction, horreur ou enquête. Si certains visual novels ne contiennent pas ou peu de phases de jeu, d'autres en proposent largement. Elle seront alors le plus souvent faites de mini-jeux ou de point'n click. Enfin, comme les Livres dont vous êtes le héros, certains visual novels proposent des scénarios alternatifs. Les séries les plus emblémtiques et réussies par chez nous sont Zero Escape, DanganRonpa et Death Mark/Spirit Hunter.


Peu d'actions de jeu, même l'observation est limitée à quelques endroits.

En l'occurrence, Famicom Detective Club, scénarisé à l'origine par Yoshio Sakamoto, un des principaux créateurs de la série Metroid, ne propose que des dialogues et des déplacements d'un lieu à un autre sans véritable séquence de jeu, si ce n'est examiner quelques éléments de l'environnement, sélectionner un thème de discussion ou choisir un interlocuteur. En bref, le menu est assez minimaliste : se déplacer, choisir un interlocureur, discuter, examiner, prendre, montrer, se souvenir. Mais chacun de ces choix ne sera pas toujours disponible. En cela, Famicom Detective Club présente quand même un certain intérêt de jeu et ne se résume pas à lire passivement des textes, car il faudra avoir éclusé certaines actions ou dialogues avant de pouvoir accéder à la suite. Par exemple, il faudra avoir abordé un certain sujet, montré un certain objet, examiné un autre ou avoir sélectionné l'énigmatique action "se souvenir" dont on ne comprend pas très bien au départ l'utilité - mais on comprendra après - afin de progresser dans l'histoire.

Le jeu exige donc des joueuses et joueurs un peu de logique pour faire les bons choix et s'éviter de taper un peu au hasard dans les thèmes de dialogues. Notez d'ailleurs qu'il faut d'ailleurs répéter plusieurs fois le même thème pour avancer. Ce n'est pas toujours si simple mais on finit par comprendre assez rapidement la logique de fonctionnement. Quoi qu'il en soit, on ressent de temps à autres un certaine lassitude face à cette mécanique un peu pauvre et manquant de dynamisme.


Un départ sur les chapeaux de roue dans The Missing Heir.

Cette lacune sur le dynamisme est néanmoins compensée par le bon rythme du scénario et les nombreux coups de théâtre régulier dont il dispose. Ainsi, il commence par une excellente accroche de départ qui nous tient assez en haleine : le personnage que nous incarnons est rétrouvé amnésique en bord de mer et il doit résoudre une enquête de mort suspecte. Puis s'égrennent meurtres sur meutres, et se révèle progressivement le passé de notre héros amnésique.

Surtout, le jeu se conclut très brillamment par deux chapitre finaux particulièrement intenses, riches en émotions fortes - ils m'ont même arraché des larmes à deux reprises, ce qui se compte sur les doigts d'une main pour moi en matière de jeux vidéo - avec une énigme finale des plus sympathiques.

Bref, le pari de nous tenir en haleine est réussi malgré la grande ancienneté de ce jeu. Quant à lui, le défi du remaniement technique est tout aussi largement réussi.


De fréquentes petites animations bien agréables.

Le magnifique travail de Nintendo sur le remaniement de Famicom Detective Club se ressent ainsi à bien des égards. D'abord, la reprise graphique ne se résume pas du tout à un coup de neuf. Les développeurs sont allés bien plus loin en distillant dans le jeu de nombreuses petits animations des personnages, ce qui leur donne une animation assez inégalée même dans les séries les plus récentes. Ensuite, c'est tout le travail sonore, les petits bruitages, les musiques, le tout remis au niveau d'une console nouvelle génération. Enfin et c'est le plus important, il y a le doublage intégrale en Japonais de tous les dialogues, lequel amplifie la transmission des émotions et compense en partie le manque de dynamisme des passages fastidieux.

Conclusion

Avoir réédité la série Famicom Detective Club est un beau projet  dans l'ensemble vraiment bien réussi. Mais il est à réserver aux amateurs du genre : si son scénario très solide, rythmé et riche en émotions saura les ravir, il pourra rebuter les non habitués par ses textes continuels et le manque de dynamisme dans les actions de jeux.  


Meurtres sur meurtres.

Crédits

- Le jeu contient deux épisodes : The Missing Heir et The Girl Who Stands Behind, celui-ci étant une préquelle de celui-là. On peut commencer par l'un ou l'autre comme l'on veut car les deux épisodes sont à des emplacements séparés sur le menu de la Switch.

- Pour avancer dans le jeu, il faut souvent répéter plusieurs fois la même action ou le même thème de dialogue ; parfois, l'ordre a aussi une importance.

- 11 chapitres et 3 unités de sauvegarde en plus de l'unité de sauvegarde automatique.

- Pour sauvegarder, il faut sélectionner "Quit Investigation", ce qui n'est pas le choix auquel on aurait pensé en premier.

- Un journal (notepad) accessible en appuyant sur la touche + permet opportunément de lire des résumés de l'enquête par personnage rencontré.

- Durée de vie de chaque épisode : un peu moins de 10H. Pas mal, mais un peu juste pour le prix (60 € les deux jeux, sans possibilité d'acheter séparément).


Riche en émotions.

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A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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