7/10

The Technomancer

The Technomancer a beaucoup pour plaire : il surfe sur la vague des jeux de tir/action à la 3e personne qui a fait les jours heureux des dernières générations de console, il reprend l'univers cohérent et déjà éprouvé du jeu Mars War Logs, et il perfectionne le gameplay ambitieux du RPG Bound by Flames.

Gros titre de cet été lancé par Focus Interactive, The Technomancer a fait parler de lui en bien lors de sa sortie, l'éditeur annonçant un peu plus d'un mois avant sa sortie que le soft avait dépassé le nombre de ventes requises pour être rentable. Il faut dire que The Technomancer a beaucoup pour plaire : il surfe sur la vague des jeux de tir/action à la 3ème personne qui a fait les jours heureux des dernières générations de console, il reprend l'univers cohérent et déjà éprouvé du jeu Mars Wars Logs dont il est un spin-off, et il perfectionne le gameplay ambitieux du RPG Bound by Flames. Des bases solides donc, et une dose saine d'ambitions pour un jeu qui a bénéficié d'une campagne marketing forte.

C'est en effet une ambition bien assumée qui mène The Technomancer à afficher ses références comme autant de jeux qu'il vient concurrencer sur leur propre terrain. D'emblée, il est clair que le jeu vise haut, tout en ratissant large : de l'équilibre parfait d'un Mass Effect, reprenant un bon nombre de features de la trilogie de Bioware dans une ambiance interstellaire qui invite – à tort ou à raison – à la comparaison, jusqu'au story-telling par le second plan d'un Bioshock visant à peindre une fresque sociale dystopique à la fois dantesque et subtile, en passant par les grands noms du jeu de rôle à la Donjons et Dragons. Le grand écart étant un exercice impressionnant mais potentiellement dangereux, rien de tel qu'un bon test pour établir ce qui marche de ce qui ne marche pas, ce qui est nouveau de ce qui sent le soufre.


Là où The Technomancer risque de décevoir, ce sont sur les promesses d'open world et de liberté d'exploration.

Et très vite après avoir lancé le jeu, une crainte s'installe et se vérifie : graphiquement, le jeu ne tient pas la route avec les grosses productions actuelles. Alors que les générations actuelles de consoles parient sur les effets de lumière et les textures, The Technomancer semble en contre courant de toutes les tendances, offrant des décors sombres et souvent en intérieur. Par ailleurs, le moteur graphique du jeu, limité, ne souffre pas la comparaison avec ce que le marché a à offrir de nos jours. Le symbole parfait de cette vétusté technique est peut-être bien le créateur de personnage de début de jeu, dont la présence même pourrait être remise en question au vu du nombre limité d'options présentes : pas même de possibilité de changer le sexe de son personnage. Impossible de personnaliser à sa guise son personnage principal ? Le revers de la médaille pourrait être une histoire très proche du personnage.

Ainsi, il est vite établi qu'en terme de standards techniques, The Technomancer tient mal la comparaison. L'interface limitée avec l'environnement et l'animation quelque peu répétitive des personnages, donnant une impression d'ensemble de rigidité, pourrait parachever ce jugement, même si l'écart avec la concurrence est ici moins important. Voilà en tout état de cause un coup assez sérieux aux ambitions affichées du jeu, un coup potentiellement fatal. Pour tous les mois de développement dont il a fait l'objet, The Technomancer n'en est pas pour autant un prétendant au titre de Triple A. Tous les aspects du jeu n'ont pas fait l'objet du soin nécessaire pour prétendre à ce titre, et, plus concrètement, le budget du jeu a été limité. Même si aucune information n'a été divulguée à ce sujet, lorsque l'éditeur Focus Interactive parle d'une maîtrise budgétaire, il n'en faut pas beaucoup plus pour que le consensus des joueurs ayant effectivement joué au jeu lise entre les lignes. Pourtant, au delà du réajustement graphique, The Technomancer arrive à faire très fort, et presque à tenir les paris les plus fous une fois les premières impressions passées.


Le système de combat ne déçoit pas, et le défi est à la hauteur.

Limité sur bien des aspects, certes. Ayant fait l'objet de compromis, c'est tout aussi indéniable. Cependant, The Technomancer est extrêmement soigné sur des points clés, ce qui n'en fait non pas un jeu digne des plus grosses productions de ces dernières années, mais bien un jeu sûr de ses atouts et capable de procurer une certaine dose de fun passé la dizaine d'heure de jeu, là où bien des blockbusters commencent à accuser le coup. C'est avant tout sur son système de combat que repose le jeu, cumulant pas moins de trois styles au corps à corps et un système de magie qui sert de clé de voûte à l'ensemble. Le fait est qu'en grande partie le jeu avance par le biais de combats, tout en ayant des éléments secondaires de diplomatie et de règlement alternatif des différends, mais qui ne prennent jamais le dessus. En définitif, le fun de The Technomancer vient de son système de combat réussi, et du challenge qu'il pose au joueur.


Que cache donc le poste de Technomancer ?

Car même dans les niveaux de difficulté les plus bas, The Technomancer reste un jeu demandant une attention supérieure à la moyenne. Là encore, il se démarque, et cette fois volontairement, de la masse actuelle de grosses productions, pour offrir un challenge assez corsé, où les combats sont longs et requièrent de l'ingéniosité. Ajoutez à cela un bestiaire varié, parfois macabre, des bosses gigantesques et c'est du côté de Dark Souls que The Technomancer vient se placer.

L'on pourrait pousser le jeu des ressemblances encore plus loin, et épiloguer en disant que The Technomancer trouve ses racines bien plus profondément que dans les hits de ces dernières années. Porté par une bande-son magistrale, The Technomancer dépeint avec brio la solitude d'hommes abandonnés sur Mars, vivant en éternels colons sur une planète qui n'est pas la leur. Ce rapport à l'étranger, cette volonté d'avant tout raconter une histoire qui fait voyager, de retranscrire des sensations nouvelles par le moyen du jeu vidéo rattache The Technomancer à une tradition française du jeu vidéo remontant au Flashback de Paul Cuisset. Vu sous cet angle, le soft de Spider Software atteint ses buts malgré ses limitations et ses ambitions pour partie inabouties. Il apporte une conclusion poignante au dyptique initié par Mars War Logs, tout en arrivant à se trouver une identité propre.

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